Prise de parole au plénum sur l'initiative "Pas de Suisse à 10 millions"
- devargasamuel
- 26 sept. 2025
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Mesdames et Messieurs, chers collègues,
«Si l’initiative UDC était acceptée, le tourisme – secteur vital pour l’économie suisse et indispensable à la survie de nombreuses régions – serait gravement entravé. L’hôtellerie-restauration perdrait un cinquième de sa main-d’œuvre, alors qu’elle souffre déjà d’une pénurie. Cela mène à des fermetures, un recours au travail au noir, des expulsions et des condamnations, aggravant les tensions politiques et sociales. »
Cette mise en garde est tirée d’un argumentaire de novembre 1988 du comité romand contre la sixième initiative (xénophobe) stigmatisant la population étrangère.
Depuis les années 1970, on ne compte plus les initiatives visant à lutter contre la soi-disant « surpopulation étrangère ». La Suisse a passé le cap des 6 millions d’habitants en 1967, mais pour certains, c’était déjà trop. Heureusement toutes les initiatives Schwarzenbach ont échoué dans les urnes. L’UDC a pourtant repris le flambeau de l’Action nationale, et nous propose maintenant de plafonner la Suisse à 10 millions d’habitants avant 2050, alors que pas plus tard qu’en 2020, son initiative de limitation a été refusée par 61% de non et 19,5 cantons. Ce résultat n’était-il pas clair ?
Nous sommes en 2025. Plus d’un tiers de la population active est d’origine étrangère. La Suisse est attractive, elle crée des emplois, mais il n’y a pas assez de main d’œuvre indigène pour les occuper. L’économie Suisse doit-elle cesser de croître pour satisfaire à l’injonction politique de l’UDC ?
Cette initiative n’amène rien de neuf ou d’utile dans la constitution visant à « assurer un développement durable de la population, en particulier en vue de protéger l’environnement et dans l’intérêt de la conservation durable des ressources naturelles », comme l’indique l’alinéa 2.
Sous couvert de belles paroles, l’UDC cherche à nous faire accepter l’inacceptable : résilier l’accord de libre-circulation des personnes, saboter les accords bilatéraux et ruiner les négociations avec l’Union européenne, pourtant approuvées à plusieurs reprises par le peuple. Un oui à ce texte détruirait les résultats des négociations en cours.
Si l’UDC se préoccupe vraiment de l’environnement, alors elle devrait cesser de bloquer ou rejeter les propositions visant à lutter contre les effets du réchauffement climatique. Notamment l’affaiblissement de la loi sur le Co2.
Et n’oublions pas un fait historique : l’ensemble des grands ouvrages de construction de notre pays – le Simplon (14'000 ouvriers), le Gothard (5'000) ou encore le Lötschberg (1’700) – se sont construits grâce à une main-d’œuvre étrangères, majoritairement italienne. Ces infrastructures, au service direct de notre économie, n’existeraient tout simplement pas sans cette contribution étrangère. Et maintenant que ces ouvrages sont là, il faudrait fermer les frontières et résilier les accords de libre circulation, au nom d’une prétendue durabilité ?
Voilà toute l’hypocrisie de l’initiative UDC contre une Suisse à 10 millions : profiter du travail des étrangers hier, tout en leur claquant la porte aujourd’hui. »
Laissez-moi conclure par une touche plus personnelle, c’est une fille d’immigrés italiens qui vous parle. Ma présence dans ce parlement montre que l’intégration fonctionne. Si l’une ou l’autre des initiatives Schwarzenbach avait été acceptée, mes parents n’auraient certainement pas pu faire leur vie en Suisse. Ce qu’il y a de profondément désagréable dans ce nouveau texte d’initiative, c’est que, malgré les nombreux refus de limitation de la population étrangère, l’UDC continue à faire croire aux Suissesses et aux Suisses que les problèmes qu’ils rencontrent sur le marché du travail ou dans la quête d’un logement, c’est de la faute des autres, des étrangers.
Evitiamo di incoraggiare i discorsi di odio degli altri e di indicare gli stranieri come capri espiatori di tutti i nostri mali. Siamo invece orgogliosi della nostra capacità di integrazione, della nostra economia efficiente e siamo grati per il contributo che gli stranieri danno al nostro successo. Rifiutiamo con forza questo testo xenofobo e antieuropeo.